Billet de blog

TIPS & TRICKS – Comment se démarquer dans le secteur de l’animation ?

Nous avons interrogé Olivier Auquier, directeur artistique du studio d’animation Dreamwall. Il nous explique comment le recrutement se passe dans cette entreprise wallonne, nous parle du studio et nous livre des astuces en or pour postuler efficacement en tant que créatif freelance dans le secteur de l’animation.

Olivier Auquier, directeur artistique de Dreamwall

Pouvez-vous nous présenter Dreamwall ?

La société a quatorze ans, j‘ai eu la chance de rejoindre Dreamwall au début. J’occupe une fonction de directeur artistique et de recruteur pour le studio d'animation, qui est l’une des deux activités de Dreamwall. La seconde activité, c’est Media solution.

Nos métiers, ce sont donc tous les métiers de l'animation 2D, 3D pour des séries animées, des films, des prestations animées pour des documentaires, des films courts pour les parcs d'attraction.

Media solution est un département actif dans les tournages virtuels, la réalité augmentée, notamment pour les événements sportifs, pour le broadcast. Nous avons également des studios de tournage disponibles pour accueillir des émissions, un pôle d'activité météo et inforoutes. Ce sont les mêmes moyens techniques, des tournages en greenkey, avec intégration en temps réel dans des décors virtuels créés ici par des infographistes.

Donc il y a des similitudes dans les métiers mais les secteurs d'activité sont assez différents.

Quels sont vos besoins en ressources humaines ?

Nos besoins en termes d'emplois sont variables. Je vais parler essentiellement du studio d’animation parce que c'est mon domaine principal. Nous travaillons avec des artistes et des techniciens. Souvent les deux aspects sont assez liés parce que sont des métiers qui ont beaucoup évolué avec la technologie.

Nous avons un noyau de contrats fixes, des CDI, des leads, des chargés de production qui encadrent les projets. Les équipes sont faites d’artistes et de techniciens, qui viennent chez nous pour des périodes déterminées liées à la durée des projets, le plus souvent sous forme de contrats Amplo.

Les productions en animation, cela dure plusieurs mois, voire, parfois, un an à deux ans. La moyenne, c’est une année pour une série ou pour un film. Les artistes nous accompagnent sur toute cette période. En fonction des métiers, ils interviennent plus en amont ou plus en aval. Souvent, les différents métiers s’articulent en couche sur le planning et nous travaillons en flux tendu.

“Les équipes sont faites d’artistes et de techniciens, qui viennent chez nous pour des périodes déterminées liées à la durée des projets, le plus souvent sous forme de contrats Amplo.”

Comment recrutez-vous ces freelances ?

Nous fonctionnons beaucoup en réseautage, via nos réseaux propres et nos relations. Nous recherchons sur LinkedIn, nous y plaçons aussi nos offres. Nous publions régulièrement des annonces sur notre page Facebook et sur notre Instagram. Nous sommes également en lien avec les écoles. Nous sommes aussi très sollicités via notre boîte mail « jobs », nous y recevons beaucoup de candidatures spontanées, plusieurs dizaines chaque mois.

Quelle est la taille du studio ?

Nous sommes environ septante personnes pour l'instant, tous en télétravail ou la plupart en tout cas, et nous allons monter, à la fin de l'été, à une centaine de personnes. Cela fait plusieurs mois que nous sommes dans une phase de recrutement intensif, avec des tests, des discussions, des propositions, beaucoup d'échanges. On est en train de remplir le tableau d'équipe pour l'année 2021-2022. C’est très dense !

Quel(s) profil(s) cherchez-vous le plus souvent ?

Ce dont nous avons le plus besoin, ce sont des animateurs, en 2D et 3D, parce que le studio est reconnu pour son expertise dans ces métiers. Donc, nos plus grandes équipes sont en animation.

Par exemple, nous avons en ce moment deux projets en animation 3D qui sont en production et ce sont respectivement trois équipes pour les Smurfs et deux équipes pour Le petit Nicolas. Les autres profils que nous avons pour le moment sont des métiers de préparation à l'animation, du Rig, du lay-out. Nous avons également une équipe de motion designer, des animateurs-compositeurs qui travaillent sur un petit documentaire.

Ce dont nous avons le plus besoin, ce sont des animateurs, en 2D et 3D, parce que le studio est reconnu pour son expertise dans ces métiers.

Le moment-pivot, c’est aux environs de juin, juillet. Nous aurons des projets qui s'arrêtent, d'autres qui redémarrent. Pour cela, nous cherchons encore des animateurs pour renforcer les équipes, notamment des leads, c'est-à-dire des chefs d'équipe. Nous engageons aussi des décorateurs 2D sur Photoshop pour des séries. Plusieurs projets sont en place ou en phase de lancement et nous travaillons sur les équipes et sur les réserves de recrutement pour les Smurfs, Fox badger family, Monster loving maniacs, Living with DAD. Nous avons déjà bien avancé dans le recrutement mais certaines personnes sont encore en testing … On prend des options avec chacun et nous continuons à chercher activement pour être certain d'avoir tout le monde au démarrage.

Alice Gorissen, Head of Dreamwall Animation Studio; Jean-Michel Ballaux, Head of Productions; Olivier Auquier, Directeur Artistique

Comment se passe la sélection chez Dreamwall ?

On regarde les demo reels avant tout, puis le parcours. Si l’on a des incertitudes par rapport au style ou au niveau d’expérience de quelqu’un, nous proposons un test d'animation. C’est un test qui représente l’équivalent d'une journée et que les candidats font chez eux en général. Le.la candidat.e reçoit des consignes par e-mail. En fin de journée, le.la candidat.e nous renvoie son test. On le regarde en équipe, on croise la demo reel, le test, le CV et on fait un choix.

“On regarde les demo reels avant tout, puis le parcours.”

Comment créez-vous une synergie entre tous ces freelances, les chefs d’équipe et le studio en général ?

Nous travaillons énormément sur la structure. Nous attachons beaucoup d'importance au bien-être et à la manière dont les gens sont reçus en arrivant, pour qu’ils puissent facilement s'intégrer dans les groupes, avec les collègues, qu’ils sachent exactement vers qui se diriger pour des questions artistiques, informatiques RH, etc.

Ils ont accès à des informations via des documents partagés, liés au studio et au projet. Par exemple, nous avons des protocoles pour travailler sur site, dans les conditions actuelles ou à distance, puis des documents par projet qui expliquent les objectifs artistiques, productionnels. Toutes ces questions/réponses sont à portée de main, de manière à ce que chacun puisse se concentrer sur son métier.

“Nous attachons beaucoup d'importance au bien-être...”

Plutôt efficace quand on travaille avec un tel pool de freelances sur autant de projets !

En effet ! Et la première journée est toujours dense car il y a beaucoup d’informations à assimiler ! On ne demande pas non plus d’être hyper efficace dès le premier jour car une série d'animation ou un film, c'est vraiment un marathon.

La première chose, quand les gens arrivent, c’est de faire connaissance avec leurs collègues, avec le projet. Ils commencent à trouver leurs marques après quelques jours. Alors, on voit comment ils appréhendent le travail, ce qu’ils nous donnent. Nous attendons d’eux une productivité évolutive.

Qu’entendez-vous par productivité évolutive ?

L’objectif est donné dès le début, on explique par exemple que l’on attend une productivité de X secondes par jour par exemple, selon le projet. Ensuite, les animateurs ont accès à un outil qui leur permet de voir où ils en sont précisément. Ils savent ainsi s’ils doivent être plus rapides ou s’ils sont justes par rapport aux objectifs. En général, ils ne le sont pas au début, c'est logique, c’est d’ailleurs intégré nos plannings. On prévoit plusieurs rendez-vous tout au long du projet pour faire des debriefs ensemble, voir quelle est l’évolution, ce qui coince, sur quoi ils peuvent agir pour faire levier et comment on peut les aider à évoluer.

Est-ce que cela vous permet d’avoir un workfkow plus régulier, d’éviter le gros rush avant une deadline ?

Oui en effet. Bon, je ne dis pas qu’il n’y en a pas du tout mais c’est plutôt bien géré. Dans ce cas, l’expérience joue pour nous.

On compare souvent les projets audiovisuels en animation à des paquebots car on ne peut pas changer de cap rapidement. Cela prend longtemps donc on doit vraiment anticiper la route. Et l’on doit, dès qu'on voit que quelque chose dévie un petit peu, mettre beaucoup d’énergie pour redresser le cap.

Voilà pourquoi chaque projet est monitoré au quotidien, encadré par un chargé de production – voire deux selon la taille des équipes – et supervisé par un directeur de production. Je supervise l'aspect artistique et le contrôle qualité de ce que l’on va livrer aux clients. C’est d’ailleurs pour cela que je participe au recrutement : je sais qui rejoint les équipes et si c’est en accord avec les objectifs. La structure est dirigée par Alice Gorissen. Elle travaille sur l’organisation du studio, sur tout l’aspect entreprise, les process, sur la stratégie, la vente et c’est elle qui manage les équipes.

“On compare souvent les projets audiovisuels en animation à des paquebots car on ne peut pas changer de cap rapidement. Cela prend longtemps donc on doit vraiment anticiper la route. Et l’on doit, dès qu'on voit que quelque chose dévie un petit peu, mettre beaucoup d’énergie pour redresser le cap.”

À quoi faire attention quand on postule chez Dreamwall ?

La première que nous regardons, c’est la demo reel pour un métier d’animation ou le portfolio pour un métier de l’image, un artiste de concept ou un peintre décorateur. On va regarder le niveau de qualité artistique. Cela doit être concis, cela ne doit pas durer six minutes par exemple ou faire vingt-cinq pages. Et il ne doit y avoir que le meilleur. C’est aussi simple que ça ! Le CV, c’est la deuxième chose que je regarde, il doit être clair, précis et donner une vue réelle des compétences et du parcours.

Le “meilleur”, c’est quoi pour vous ? Comment faire une demo reel efficace ?

On accepte les exercices scolaires, nous n’avons aucun souci avec ça. On a besoin de comprendre si les artistes maîtrisent les règles de l’animation pour les métiers de mouvement, le sens du cadre, de l’image, de la narration. On s’intéresse aussi beaucoup à leurs univers. Que ce soient des graphistes ou des animateurs, ils seront plus à l'aise dans un style que dans un autre. Le portfolio ne doit pas refléter que le style de prédilection car la polyvalence est vraiment bienvenue. Mais c'est intéressant pour nous de voir si une personne est plus dans le réalisme ou le cartoon. Et si la personne est polyvalente, nous avons plus de chance de pouvoir lui proposer des missions.

“Le portfolio [ou la demo reel] ne doit pas refléter que le style de prédilection car la polyvalence est vraiment bienvenue.”

Y a-t-il, à l’inverse des choses rédhibitoires ?

Par exemple, un.e graphiste qui propose un CV mis en page avec mauvais goût ou illisible… ça ne va pas.

Personnellement, je suis aussi incapable d’estimer le niveau d’un animateur qui ne présenterait que des monstres ou des robots dans sa demo reel. On veut savoir s’il ou elle sait faire bouger un bipède, faire un peu d’acting avec un personnage. Je ne dis pas non aux robots mais si je ne vois que des dragons volants dans une demo reel, c’est difficile pour moi de projeter leurs capacités à faire une série pour enfants par exemple.

“On veut savoir s’il ou elle sait faire bouger un bipède, faire un peu d’acting avec un personnage. Je ne dis pas non aux robots mais si je ne vois que des dragons volants dans une demo reel, c’est difficile pour moi de projeter leurs capacités à faire une série pour enfants par exemple.”

La demo reel doit coller aux besoins du secteur ?

Oui, idéalement.

L’heroic fantasy a toujours passionné les étudiants, donc ça me dérange pas d’en retrouver dans les demo reels mais quand c’est le seul thème mis en scène, c’est restrictif et c’est plus difficile de se faire une idée des capacités.

Dreamwall 2021 Demo Reel

Comment est-ce qu'un.e jeune diplômé.e peut se faire remarquer par rapport à quelqu'un qui a déjà une solide expérience ?

La demo reel montre le potentiel et ça c’est à nous de le déceler. Évidemment, c’est rempli de subjectivité mais on voit déjà si la personne a un sens de l'image, on pourrait deviner derrière que c'est peut-être quelqu'un qui pratique le dessin, qui a déjà une bonne compréhension de l'anatomie, de la lecture d'une silhouette, des lignes de force dans un personnage (qu’il soit sculpté, animé ou dessiné). Les jeunes artistes qui misent tout sur les outils informatiques montrent souvent une limitation dans leur évolution. Il faut être curieux, montrer de l'intérêt pour l'art en général parce que c'est la finalité, ce que l'on fait, de l’art.

On se rend compte que ceux qui ont cette curiosité, cet œil, cette intérêt artistique, vont être beaucoup plus performants et vont mieux répondre à nos besoins. C'est le combat principal qu'on a aujourd'hui avec la plupart des écoles et des jeunes générations qui arrivent : ils ont tous envie de maîtriser les outils qui permettent de faire de l'animation mais souvent les premières étapes ont été un peu négligées. On n’a pas suffisamment travaillé ses gammes, si je puis dire.

Évidemment, j’ai des contre-exemples, comme un excellent animateur 3D qui ne sait pas dessiner une pomme mais c'est plutôt rare. En règle générale, il faut un goût pour les arts graphiques parce que ça reste un métier de l'image. Et après, mêler ça à l'intérêt pour la technologie, ça fait des miracles !

“Il faut être curieux, montrer de l'intérêt pour l'art en général parce que c'est la finalité, ce que l'on fait, de l’art.”

Vu la rapidité d’évolution des technologies, comment se positionner ?

Par exemple, quelqu’un qui postule chez nous en animation a plus de chances d'être engagé ou de voir son contrat reconduit s'il sait animer en 3D, en 2D, sur Maya, sur Toon Boom, Blender… Il ne faut pas que l’outil d’animation soit un frein. Parce que derrière tous ces outils, ce sont les aptitudes de l'artiste animateur dont on a besoin. Donc on leur conseillerait de se tenir au courant des avancées et surtout, au minimum, de maîtriser les grands standards de l'animation. Quand quelqu'un sort des études et ne peut pas passer un test chez nous après avoir postulé car il ne s'est jamais servi du software, c'est vraiment triste, cela veut dire qu'on ne peut même pas lui donner la chance d'être embauché. L’entreprise peut et va former mais l’outil de base doit être un minimum maîtrisé.

En 3D, l’outil de base reste Maya, qui est bien enseigné dans les écoles. En 2D, les écoles sont encore souvent exclusivement sur TVPaint ou Animate alors que l'industrie a basculé depuis quelques années déjà sur Harmony Toon Boom. Les écoles y viennent mais il reste du chemin à parcourir.

Il existe aussi des formations privées qui peuvent remettre les gens à niveau.

“Il ne faut pas que l’outil d’animation soit un frein. Parce que derrière tous ces outils, ce sont les aptitudes de l'artiste animateur dont on a besoin.”

Donc il existe un décalage, en 2D du moins, entre l’école et la réalité du métier d’animateur ?

Sur les outils, oui, en tout cas pour les projets sur lesquels Dreamwall se positionne, des projets grand public, plutôt famille, mainstream. Ce n‘est pas forcément le cas pour un studio qui fait des films d’auteur.

Candidatures spontanées multiples chez Dreamwall, bonne ou mauvaise idée ?

Haha, je vais être noyé de demandes ! Tous les coups sont permis, je dirais. C’est sûr que, quelqu'un qui m'envoie trois fois son CV sur l'année, j'imprime son nom au final et, forcément, il a plus de chances que je me souvienne de lui que quelqu’un qui envoie un e-mail discret une fois tous les deux ans. Nous traitons les e-mails et nous les classons dans des dossiers, nous allons régulièrement y rechercher des profils. Mais c'est évident que, plus on est présent, plus on est en tête du recruteur.

Comment se rendre bien visible, justement ?

La première chose que je recommande, c'est de travailler sa présence sur le web, un portfolio, un espace quelconque avec des exemples du travail. Il faut employer les bons mots-clés dans l'intitulé de ses fonctions ou des fonctions que l'on vise. Par exemple, quelqu'un qui veut faire de l'animation et a des aptitudes mais qui va se présenter comme infographiste, je ne le trouverai jamais parce que je ferai rarement une recherche sur le mot « infographiste ». La pertinence de l’intitulé des aptitudes est hyper importante parce qu’un recruteur ne passe que quelques secondes sur les CV. Moi, je passe environ quinze secondes sur un CV et après, je dois passer à un autre.

Il faut employer les bons mots-clés dans l'intitulé de ses fonctions ou des fonctions que l'on vise.

Que faut-il faire ou éviter pour attirer votre attention puis vos bonnes grâces pendant ces quinze secondes ?

Une chose que les juniors font beaucoup, en sortie d’école, c'est d’envoyer des CV images, un .jpeg par exemple. Tout est écrasé, impossible de cliquer sur un lien. Si le CV image mentionne une adresse à rallonge, je ne vais pas la taper, sauf si le CV a piqué ma curiosité.

Donc il faut mettre des liens cliquables, c’est hyper important.

Je conseillerais donc d’envoyer quelque chose de très ergonomique pour moi. Une courte présentation dans le corps de l’e-mail, cinq à dix lignes maximum sur la personne avec, déjà, des liens vers le CV et l'espace personnel où je trouverai des images, des animations. Et en pièce jointe, je retrouverais cela, plus le parcours en entier, sous forme de PDF que je peux envoyer à mes collègues et stocker dans un dossier à destination des leads. Je ne vais en effet pas stocker un e-mail donc il faut que je puisse retrouver le contenu de la candidature dans une pièce jointe avec des liens cliquables. Ça, c'est la forme idéale pour que je puisse rapidement analyser, voir si ça matche avec nos besoins.

“Il faut que je puisse retrouver le contenu de la candidature dans une pièce jointe [en PDF] avec des liens cliquables.”

Et vous recevez beaucoup de candidatures sous cette forme ?

Non, peut-être deux ou trois sur dix.

Le networking en ligne, comment vous vous y prenez ?

C’est notre première manière de recruter donc je passe pas mal d'heures sur les différentes plateformes où je peux trouver des artistes qui nous intéressent. Quand je ne trouve rien dans les candidatures spontanées, je vais sur LinkedIn, j'applique des mots-clés, je regarde des profils. Je vais sur des groupes dédiés sur Facebook, souvent privés, où il y a énormément de gens qui travaillent dans le secteur et là, je peux mettre une annonce ou bien je peux regarder les gens qui y mettent leur démo en ligne. Je vais sur Artstation aussi, évidemment.

Donc, c’est important pour un freelance d’être actif sur ces réseaux-là ?

Ce n’est pas nécessaire d’en avoir quinze mais, oui. Le CV en ligne, jusqu’à preuve du contraire, c'est encore beaucoup sur LinkedIn, même s’il y a des plateformes émergentes que l’on surveille. Et ensuite, l’espace image, c'est où l’on veut, un site Wix, du Artstation, un blog, une page insta… Tant que c’est un lien cliquable, pour moi, peu importe.

Un conseil tout simple, en somme !

Eh oui, parce que le temps est compté tout simplement.


Checklist pour une candidature efficace

  • à faire : un court e-mail, des liens cliquables, des pièces jointes en PDF, des mots-clés pertinents
  • à éviter : un e-mail à rallonge, des pièces jointes en .jpeg, un mauvais référencement

Est-ce qu'il y a des qualités humaines qui sont importantes pour votre studio ?

Nous sommes une entreprise avec un esprit d’équipe. On ne demande pas à quelqu’un d’être extraverti ou hyper social mais il faut avoir un esprit collaboratif, pour l'intégration. Il faut aussi être ouvert à la critique car il y a beaucoup de niveaux de validation avant que ce que l'artiste-technicien va proposer parte en finalisation. Il y a un lead qui passe, puis moi, puis l’assistant réal’, le réal’, parfois un producteur et puis une chaîne. La retake est incontournable dans nos métiers donc si l’on a un problème avec ça, ça va être compliqué. Il faut également avoir envie de mettre ses capacités artistiques au service d'un projet et accepter ce processus itératif.

Par ailleurs, il ne faut pas être une diva. C’est un trait de personnalité qui est ingérable en équipe. Pour le reste, nous sommes assez agiles. Tous les caractères sont les bienvenus, on demande juste le respect de l'autre. Ce qui est très chouette dans ce secteur c’est que nous travaillons avec des gens de toutes natures, cultivés, curieux et créatifs.

“Il faut également avoir envie de mettre ses capacités artistiques au service d'un projet et accepter ce processus itératif.”

La connaissance des langues est-elle nécessaire ?

Oui, souhaitable en tous cas, car on ne travaille pas qu’avec des partenaires francophones. Nous sommes très ouverts aux artistes venus de Flandre. On essaie de ne pas être que franco-français. Nous venons par exemple d’engager un chef d’équipe en lay-out qui est néerlandophone, il comprend le français et le parle assez pour pouvoir évoluer chez nous et en retour tout le monde fait l’effort de parler en anglais, ou en néerlandais. Cette année, il y aura encore plusieurs nationalités au studio, Italienne, Espagnole, Lithuanienne,…


Checklist des softskills qui paient

  • la connaissance des langues (anglais, néerlandais)
  • l’esprit d’équipe
  • l’ouverture à la critique
  • le sens du projet (mettre son talent au service d’un projet commun)
  • l’ouverture d’esprit, la curiosité
  • la créativité

En quoi Dreamwall se distingue, dans le secteur ?

La dimension « projets » est importante pour nous. Nous voulons trouver des projets de plus en plus ambitieux pour challenger nos propres équipes et continuer à évoluer.

Puis, il y a la question du tissu socioéconomique, de l'emploi des artistes en Wallonie, en Belgique. C’est primordial pour nous de pérenniser, de développer les savoir-faire et de lutter contre la fuite des talents.

Enfin, nous mettons en place la durabilité de nos activités. Nous faisons des choix plus responsables. Il y a des actions basiques comme le tri des déchets, des bacs de culture, du compost, du covoiturage… Nous travaillons aussi sur notre gestion de l’énergie en challengeant nos fournisseurs. Pareil pour le catering. Nous nous attaquons à tout ce que nous pouvons pour réduire notre empreinte dans le secteur. C’est tout simplement un problème de société important.

Ces trois aspects sont les grandes lignes de notre stratégie pour un bon moment je pense.

“C’est primordial pour nous de pérenniser, de développer les savoir-faire et de lutter contre la fuite des talents.”