Billet de blog

Le Vecteur : Rien n’arrête la création

Il y a quelques jours, nous rencontrions Romain Voisin, coordinateur du Vecteur à Charleroi où est installée notre agence Amplo. L’occasion de faire avec lui le point sur la situation actuelle et les projets de ce pilier de la vie culturelle carolo.

Peux-tu présenter le Vecteur ?

Le Vecteur est une plateforme culturelle pluridisciplinaire gérée par l’ASBL Orbitale qui coordonne le projet d’un point de vue financier, artistique et culturel. L’ASBL existe depuis 1998 et le lieu à Charleroi (rue de Marcinelle) depuis 2008. Plateforme car nous louons des locaux au sein du bâtiment à divers partenaires : Financité, le PAC et Amplo. Pluridisciplinaire puisque nous sommes à cheval sur plusieurs champs artistiques (littérature, édition, cinéma, musique, arts plastiques, etc…). Nous disposons de plusieurs espaces : une salle d’exposition (le V2), une salle de spectacle, une bibliothèque (Le Rayon) et un bar. Notre programmation s’étend sous différents angles : diffusion, concerts, expositions, performances et résidences depuis 2014. Les résidences vont vraiment de la micro-résidence à des résidences sur plusieurs mois. Nous développons également un volet médiation (ateliers, visites, etc.) pour ouvrir notre programmation curieuse et particulière et créer des ponts entre les œuvres de nos artistes et le public.

Au déconfinement, vous avez pu faire quelques soirées. Est-ce que cela a été contraignant pour vous ? Comment avez-vous vécu cette période ?

Le premier event qu’on a pu faire c’était le Jour de la Pédale (événement vélos). Une organisation stressante à plusieurs niveaux car on s’installait dans un nouveau lieu et on devait suivre les normes COVID. L’avantage, c’est que l’événement était en extérieur. Cela permettait de pouvoir avoir une jauge de 400 personnes. Le côté déplaisant : jouer aux gendarmes pour faire respecter les règles.
Ensuite, on a pu faire notre événement de Rentrée avec un double vernissage mais sans concert. Puis il y a eu le festival Livresse avec le couvre-feu tous les soirs à 23H. Avec ce festival, on est passés sur le fil. On y a cru pour nos soirées concerts Black Basset Night jusqu’au bout également. L’Horeca avait déjà fermé et la culture était encore ouverte. On avait programmé deux soirées avec deux groupes français chaque soir. Quelques jours avant, on nous annonce le couvre-feu à 22H. On y croit, on adapte la programmation, puis un groupe annule. On doit diviser le nombre de places dans la salle, pas de service au bar, les masques, obligation d’être assis… Même si les conditions étaient dures, on a voulu y croire jusqu’au bout puis surtout les gens en avaient très envie. La demande du public était forte pendant cette période.

D’ailleurs, vois-tu une évolution dans la demande ?

Pendant le déconfinement, on sentait une forte demande mais les capacités étaient limitées. Avec les Black Basset Records Night ont avait programmé une sélection de groupes assez pointus. De plus, les soirées devaient se faire coup sur coup. Pourtant, la demande était super forte pour une musique de niche. On a été sold-out très rapidement et on avait une liste d’attente. Les gens avaient très envie. A partir de mi-octobre, on a vécu une période bizarre, où les bars et restos ont fermé deux semaines avant les lieux culturels. Cet espace de 15 jours d’ouverture sans bars pour nos activités, ça enlevait beaucoup de l’essence de ce que l’on fait. Faire des events sans bar c’est plus compliqué.

Depuis le deuxième confinement, vous avez repensé vos activités. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

On fait tout ce qui est autorisé de faire. On peut faire des expos, on peut accueillir des résidences et on peut faire des ateliers jusqu’à 12 ans. Niveau résidences, la cadence est la même que d’habitude. Par contre, niveau atelier, on a augmenté l’offre. Cela fait vivre le lieu autrement.
Avec l’Eden et le Rockerill, on a créé l’émission Dites 33 ! (interview et live d’un groupe de musique diffusé sur nos réseaux sociaux communs) qui est un bon support pendant le COVID. C’est une des rares choses que l’on a organisé en ligne. On préfère se concentrer sur ce qui peut être fait en vrai pour faire vivre le lieu. On participe aussi à la nouvelle édition du Carnaval de Charleroi. Cela va être particulier : statique mais le brûlage de corbeau aura lieu. De notre côté, nous avons une artiste Anne Brugni qui réalise un totem pour le Carnaval. De plus, on participe de manière plus intensive à Femmes de Mars (collectif organisant une série d’événements autour de la Journée Internationale des Droits des Femmes) avec l’artiste Charlotte Crash qui va réaliser des outils de manifestation.

Vous envisagez comment l’année 2021 ?

Le truc positif, c’est qu’on a dû se recentrer sur les artistes belges. On a toujours reçu beaucoup d’artistes belges peu importe le medium mais là, forcément, on accueille que des belges. En terme de programmation, on ne se fait pas de soucis. Il y a beaucoup d’événements qui ont été annulés mais qui peuvent être facilement reprogrammés. Clairement, il y a une attente hyper forte des deux côtés donc pas trop de stress quant à la reprise. Le vrai danger c’est à quel point les gens vont être vraiment chauds quand on pourra refaire des événements.

Quels sont vos prochains événements?

Samedi 13 février : Exposition de François Tusséki & Patrick Croes au V2 + exposition de Bastidrk au Rayon. Evénement Facebook.

Pendant la semaine de Carnaval : Stage de sculpture pour les kids avec Louise Devin. Evénement Facebook.

Mercredi 3 mars : Atelier gravure pour les kids avec Bastidrk. Evénement Facebook.

Des résidences aussi ?

Why the Eye?, Volcan Timide, Ogives, Charlotte Crash, Rémy Hans, Groupe Capacitors, Stéphanie Rolland et Vincent Beeckman qui a démarré une résidence depuis longtemps chez nous et fera son expo en décembre 2021.

En parlant de résidences à venir, c’est l’occasion de vous rappeler notre partenariat avec le Vecteur. Cette année, Amplo s’associe à ce lieu culturel carolo pour lancer un appel à résidence en musique. L’appel est ouvert jusqu’au 28 février 2021 pour une résidence en mai/juin 2021. Intéréssé.e ? Consultez notre appel et candidatez !

Appel à candidature FR

Appel à candidature NL