Billet de blog

DAE Studios : le gaming made in Courtrai

Michiel Houwen, DAE Studios
Michiel Houwen - DAE Studios

Depuis quelques années, Courtrai est le QG d’une branche aussi jeune que vigoureuse du secteur audiovisuel : l'industrie du gaming. La ville héberge la section Digital Arts and Entertainment, de renommée mondiale, du Howest University College mais aussi les DAE Studios, qui en sont issus. Avec Amplo comme partenaire RH, les DAE Studios visent les mêmes niveaux, en termes d’ambition et de qualité de services, que ce qu’ils ont reçu comme enseignement.

« En fait, nous existons depuis un certain temps mais, depuis 2018, nous nous concentrons vraiment sur la phase d’accélération », explique Michiel Houwen, directeur des DAE Studios. Il occupe ce poste depuis cette année-là et a mis en place l’orientation actuelle des studios. « Avant, notre studio développait ses jeux lui-même. Désormais, nous ne produisons plus nous-mêmes. Nous travaillons en collaboration avec des développeurs et soutenons réellement quiconque ayant un bon business plan. Nous opérons au niveau international mais principalement depuis notre siège social à Courtrai. Ici, nous voulons développer un écosystème de pointe pour les start-ups dans le domaine de la technologie des jeux vidéo. »

A quelles fins les développeurs de jeux peuvent-ils s'adresser à vous ?

« Toute personne désireuse de créer son propre studio dans le domaine du développement de jeux vidéo est la bienvenue chez nous. Nous nous concentrons surtout sur les gens qui veulent construire un succès commercial. Nous orientons ces profils vers ce que nous appelons notre incubateur ‘2-Games-a-Month’ (2 jeux par mois, NDLR). Celui-ci se déroule de février à juin. Nous y guidons les gens dans le développement efficace de concepts dotés d’un potentiel commercial. Pendant cette période, nous examinons quelles sont les équipes performantes ou talentueuses dans lesquelles nous allons investir davantage. Celles-là, nous les amenons en phase d’accélération.

À ce stade, nous donnons aux développeurs une ‘place physique’ chez nous et nous les aidons à obtenir leurs premières missions. Nous leur montrons le chemin vers la rentabilité, le réseautage et nous leur apprenons à passer à la vitesse supérieure. Parce que c'est l'un des points sensibles du développement de jeux vidéo : obtenir de l'argent pour s'assurer une participation dans les projets futurs. Il est très difficile de réunir 100 % de fonds externes pour les premiers projets. Aider les développeurs à trouver leur voie est donc l'un des services que nous proposons. Bien que nous n’hésitions pas à investir nous-mêmes dans des studios qui démarrent. »

DAE Studios aide les jeunes talents du gaming
Développer des jeux vidéo créatifs et viables, DAE relève le défi.

De quelle vision du gaming est née votre démarche ?

« Il y a actuellement environ 1.300 étudiants dans les trois années de bachelier Digital Arts and Entertainment à Courtrai. C'est beaucoup. Et il va sans dire qu'avec une telle formation de renommée internationale, les studios de gaming du monde entier viennent ici à la recherche de talents. Les diplômés partent à l'étranger et nous voyons le talent s’en aller. Pour contrer cette fuite des cerveaux, nous voulons créer davantage d'opportunités au niveau local. Nous voulons construire un écosystème dans lequel nous soutenons les jeunes entreprises qui veulent s'installer ici. Et nous y parvenons ! Jusqu'à présent, nous avons aidé sept studios de gaming à démarrer.

Nous nous basons en partie sur ce que nous avons vu à Montréal. Avant, il n'y avait rien, là-bas, en termes d'industrie du gaming, alors qu'aujourd'hui, on y voit un écosystème florissant. De grands acteurs internationaux y sont allés pour construire au moins une division locale. À long terme, nous voulons aussi faire cela ici.

Nous voulons construire un écosystème dans lequel nous soutenons les jeunes entreprises qui veulent s'installer ici.

Nous voyons également arriver de plus en plus de demandes d'entreprises de différents secteurs qui voient l'intérêt de la technologie du gaming. Il est certain que, maintenant que le ‘metaverse’ est de plus en plus présent dans l'actualité, les organisations voient un potentiel dans nos développeurs de jeux. Par exemple, nous avons déjà développé des applications basée sur la technologie des jeux avec le groupe Colruyt, et nous avons créé un simulateur VR pour Fluvius afin de former les stagiaires. Nous ne nous concentrons donc pas uniquement sur le divertissement pur, comme les jeux classiques sur PC ou sur Playstation. Nous avons de la place pour les applications B2B aussi.

D’ailleurs, c’est souvent plus sûr, financièrement parlant, de se concentrer sur ces dernières plutôt que sur le divertissement. Le marché des loisirs purs est, après tout, un marché dur comme le roc, qui est sursaturé dans presque tous les segments. Chaque jour, des centaines de nouveaux jeux apparaissent en ligne et il faut se démarquer. »

Nous avons de la place pour les applications B2B aussi. D’ailleurs, c’est souvent plus sûr, financièrement parlant, de se concentrer sur ces dernières plutôt que sur le divertissement.

Vos studios sont-ils à l’origine de succès dans le gaming ?

« Oui, ‘Play It Safe’ est l'un d'entre eux. Il s’agit d’une plateforme grâce à laquelle les entreprises peuvent proposer à leurs employés toutes sortes de choses sur la sécurité et la prévention et ce, de manière ludique. Ils emploient maintenant treize personnes à temps plein.

Une autre belle histoire est celle de Slappy Inc, qui a déjà remporté quelques ‘game jams’ ou concours de développement dans le monde entier.

Et puis, il y a le studio MoonMonster. C’est l'un des plus jeunes studios mais il a déjà réussi à récolter une belle combinaison de réalisations B2B et de subventions pour ses jeux de divertissement.

Mais notre propre organisation est également encore jeune. Et, sachant que la production d'un jeu prend environ deux à trois ans, nous restons principalement tournés vers ce qui est à venir et le potentiel des startups que nous encadrons actuellement. »

Un.e développeur.euse peut-il.elle se lancer sans l'aide de DAE Studios ?

« Bien sûr, ça arrive tout le temps. Mais avec nous, vous avez un coup de pouce. Nous incluons les studios dans une communauté d'entreprises qui ont relevé les mêmes défis. Vous mettre en contact avec les bons profils ou les bonnes entreprises en temps voulu, c’est l'un de nos fers de lance. La diversité ou la multidisciplinarité est donc importante pour nous. En 2006, lorsque le programme d'études à Howest a été établi, il y avait une seule matière principale. Maintenant, il y en a six. Rassembler des personnes qui ont plus de connaissances que le simple développement de jeux, nous pensons que c'est essentiel pour construire un écosystème réussi. »

Les succès sont la meilleure carte de visite de DAE Studios
« De tels exemples de réussite dans notre propre région, c’est la meilleure carte de visite que nous puissions offrir. » Michiel Houwen

Quel est votre projet actuel ?

« En février, nous lançons l'incubateur ‘2-Games-a-Month’, nous travaillerons avec dix-huit participants, issus de toutes sortes de milieux. Cette année, nous avons également pour ambition d’accompagner quatre nouvelles start-ups via DAE Studios. Et nous organisons à nouveau le festival UNWRAP. Avec ce festival du ‘digital entertainment’, nous voulons jeter un pont entre les différents secteurs audiovisuels en Flandre mais aussi nous positionner à l’échelle internationale. Lors de l'édition précédente, nous avons eu environ 750 visiteurs et cette année, nous visons les 3.000. En outre, nous voulons également nous concentrer davantage sur l'attraction de subventions pour les incubateurs. Je pense donc que notre agenda est assez bien rempli. (rires)

Continuer à mettre l'accent sur la qualité compte beaucoup pour moi. Je ne veux pas accueillir le plus grand nombre possible de studios dans notre programme, je veux surtout faire en sorte que les personnes que nous encadrons actuellement puissent atteindre un taux de réussite plus élevé.

À terme, lorsque les mesures sanitaires le permettront, nous aimerions également réunir tout le monde physiquement, pour faire ressentir encore plus la vie et la dynamique de notre écosystème. De plus, continuer à mettre l'accent sur la qualité compte beaucoup pour moi. Je ne veux pas accueillir le plus grand nombre possible de studios dans notre programme, je veux surtout faire en sorte que les personnes que nous encadrons actuellement puissent atteindre un taux de réussite plus élevé. Qu’elles remarquent une différence en sortant de notre accélérateurs. Et que ces gens mettent ensuite sur le marché des jeux magnifiques, dont nous et l'ensemble de l'écosystème pourrons être fiers. De tels exemples de réussite dans notre propre région, c’est la meilleure carte de visite que nous puissions offrir. Parce qu'alors, tous ceux qui caressent l'idée de développer quelque chose au niveau local oseront également le faire. »