Billet de blog

Débat sur les conditions de travail dans l’audiovisuel

Dans le cadre du Briff, mediarte en collaboration avec screen.brussels et Amplo ont organisé une conférence le 25 juin dernier sous forme de débat avec différents interlocuteurs provenant des secteurs de l’audiovisuel et du cinéma sur leurs conditions de travail.

Cette conférence, bien que basée sur une sujet hautement sensible, a proposé certaines grilles d’analyse intéressantes pour comprendre les conditions de travail parfois difficiles du secteur.

Après un rapide aperçu des règles et conditions de travail établies par les commissions paritaires compétentes (la CP 227 pour l’audiovisuel et la CP 303 pour le cinéma), la question du respect de celles-ci s’est naturellement posée.

Tous les intervenants ont reconnu que ces conditions de travail établies sont hélas peu respectées. Plusieurs pistes ont donc été débattues par les représentants du secteur réunis.

La conférence sous forme de débat avec différents interlocuteurs

Le statut des employeurs dans le secteur

Dans le secteur audiovisuel, de nombreux contrats ne se font pas directement auprès des employeurs mais via des sociétés intermédiaires (intérimaires ou autres). En général, ces sociétés ne relèvent pas de la CP 227, ce qui peut poser problème pour le respect des conditions de travail prévues par la CP et empêche d’avoir une vision claire du secteur.

Chez Amplo, nous sommes conscients de ce problème. C’est pour cela que nous nous engageons à respecter les règles de la CP 227 lorsque nous effectuons un contrat pour un donneur d’ordre de ce secteur. Par ailleurs, nos contrats de projet permettent de sortir les freelances du secteur de l’intérim et de les mettre directement sous la CP 227 (celle du donneur d’ordre), leur permettant de bénéficier des règles de celle-ci et de cotiser pour le fonds sociale de la commission paritaire concernée.

La conférence sous forme de débat avec différents interlocuteurs

La nature des règles

Les règles de la CP 227 sont-elles adaptées au secteur ? Certains interlocuteurs émettent des doutes. Ils critiquent notamment la position de certains syndicats qui négocient celles-ci sans être au fait de la réalité du secteur. L’idée a été proposée de créer un syndicat des intermittents.

Cependant, d’autres interlocuteurs préconisent plutôt un investissement accru au sein des syndicats : il est très difficile de créer un syndicat représentatif et le soutien d’autres secteurs professionnels est une force.

Le représentant de la CSC présent autour de la table ce jour-là a insisté sur la volonté de son syndicat de collaborer avec les différentes organisations du secteur afin de ne pas perdre de vue la réalité ce celui-ci.

L’application des règles

Pourquoi les travailleurs du secteur acceptent de travailler dans les conditions de travail contraires aux règles établies ? Les interlocuteurs ont notamment pointé du doigt une méconnaissance des règles dans le chef des travailleurs.

Il a également été mentionné un manque de contrôle par l’inspection sociale. En effet, le secteur n’est pas assez important pour attirer l’attention des contrôleurs.

Problème de financement

La question du financement de l’audiovisuel a également été abordée. Le secteur étant souvent dépendant du Tax Shelter, plusieurs interlocuteurs s’inquiètent de l’impact de son ralentissement sur les conditions de travail.

D’autres interlocuteurs ont signalé que le Tax Shelter avait eu un effet paradoxal sur les conditions de travail : il a permis à certaines personnes de devenir très bien payées, tandis que d’autres sont restées dans une situation de difficulté financière. Le ralentissement du Tax Shelter pourrait ainsi rééquilibrer les rémunérations du secteur.

En conclusion, malgré un état des lieux parfois peu réjouissant, ce débat s’est tout de même soldé sur une note positive en réaffirmant la volonté du secteur de s’interroger et de travailler ensemble à une amélioration des conditions de travail.