Billet de blog

Cédric Van Cauteren, graphiste chez nWave Digital - une interview

Cédric Van Cauteren est graphiste chez nWave Digital, studio de production à l’origine de films d’animation bien connus comme Fly Me to the Moon, Le Voyage extraordinaire de Sammy ou encore Bigfoot Junior. Amplo a eu l’opportunité de se rendre chez nWave afin d’interviewer Cédric à propos de son parcours et de son expérience.

Bonjour Cédric! Commençons par le début: quelle formation as-tu suivie avant de devenir graphiste professionnel?

J’ai fait une école d’audiovisuel à Court-Saint-Étienne : l’ITP (Institut Technique Provincial). C’était une très chouette formation qui m’a amené à découvrir que la Belgique n’est pas en reste en terme d’infographie et que notre pays exerce à un très bon niveau dans ce domaine !

Par la suite, j’ai suivi le chemin des beaux-arts. Je dessine depuis que je suis enfant, ce choix paraissait donc logique. Une chose en entraînant une autre, je suis passé du dessin à l’audiovisuel pour finalement poursuivre mes études à l’IAD (Institut des Arts de Diffusion) à Louvain-la-Neuve. Cela m’a permis d’être formé aux effets spéciaux dans le cinéma. Après cela, je me spécialisé dans la 3D et dans les effets spéciaux en 3D.

Après ta formation, comment s’est passée la transition avec le monde professionnel?

Après quelques mois de patience, j’ai trouvé du travail grâce à un ancien professeur qui cherchait des juniors pour travailler chez Franco Dragone, le célèbre metteur en scène louviérois. Il fallait créer une vidéo de présentation dans le cadre d’un show du Cirque du Soleil en Chine.

Grâce à cette opportunité, j’ai pu rencontrer de nombreuses personnes qui m’ont amené à travailler sur d’autres productions. C’est un très petit milieu donc on se fait vite des contacts et un réseau !

J’ai ensuite rencontré des seniors qui m’ont recruté pour travailler sur La Mécanique du cœur, le film de Mathias Malzieu. Après cela, je n’ai plus vraiment connu de période creuse, ce qui est évidemment une bonne chose !

Il faut savoir que la plupart des sociétés dans l’animation travaillent au projet. Ces sociétés ont généralement une équipe fixe, constituée de quelques personnes, à laquelle viennent se greffer d’autres graphistes le temps d’un projet. À la fin du projet, ceux-ci quittent la société. C’est là l’une des difficultés de la profession : quand on n’a pas beaucoup d’expérience, il est difficile de passer d’une mission à une autre et de rester actif professionnellement durant une année complète.

Quel est pour toi une journée de travail type chez nWave? Quel est ton rôle dans le processus de production?

Je m’occupe de simulation dynamique. Cela concerne typiquement tout ce qui est par exemple de la fumée, de l’eau, des explosions, un pont qui s’écroule… Mais également des choses plus subtiles comme de la poussière ou des interactions avec un personnage qui passe au travers de quelque chose.

Dans le processus de production, je me situe avant la mise en lumière et après l’animation. Il faut que l’animation soit terminée pour qu’on puisse véritablement commencer à travailler (même si certains éléments peuvent tout de même être traités en amont, par exemple les décors).

Au niveau de la durée des tâches, c’est fort variable : cela va de quelques jours à quelques mois, voire un an dans certains cas !

Pour l’instant, je travaille sur de la fumée qui sera par la suite dupliquée pour donner un effet d’usine. Actuellement, je n’ai pas de date limite car les plans et les séquences concernés ne sont pas encore rentrés dans le flux de travail. Je fais donc pour le moment beaucoup de recherches préalables.

As-tu des conseils à donner aux personnes qui désirent, comme toi, se lancer dans le graphisme et les effets spéciaux?

Il faut être prêt à devoir se battre dans le sens où il est nécessaire de se démarquer. En fonction du domaine que l’on choisit dans l’animation 3D, il va être plus ou moins facile de trouver du travail : certains créneaux sont complètement bouchés tandis que d’autres le sont moins. L’idéal est de se renseigner et de se diriger vers les seconds plutôt que les premiers.

Il faut donc bien réfléchir à ce que l’on veut faire et savoir se spécialiser. Bien entendu, il n’est pas toujours évident de se projeter de la sorte, surtout quand on est junior et qu’on vient de sortir des études. Au début, on est très souvent amené à faire quelque chose qui nous intéresse moins !

Mais déjà à ce moment-là, il faut avoir conscience de la réalité du milieu et envisager une éventuelle spécialisation.

Merci Cédric et bonne continuation!